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La médiation dans la pratique : un aperçu général du déroulement et des techniques — quelques techniques utiles

5 mai 2025

Le présent bulletin d’information est le troisième de notre série consacrée au déroulement et aux techniques de la médiation. Nous aborderons ici quelques techniques utiles qui peuvent aider tant les médiateurs que les parties concernées à mener à bien une médiation. Les techniques abordées sont la paraphrase, le recadrage, l’écoute active, le caucus et la BATNA.

Paraphrase – La paraphrase et le recadrage consistent pour le médiateur ou les parties à reformuler les propos d’une autre partie. La paraphrase consiste à reformuler les propos d’une personne avec ses propres mots, de manière neutre. Cette technique permet d’éviter les malentendus et assure à chacun qu’il a bien été compris. Elle permet au médiateur de vérifier la bonne réception du message, et à l’orateur de confirmer l’exactitude de l’interprétation. Une bonne paraphrase témoigne aussi de l’implication du médiateur et renforce le sentiment de reconnaissance de l’interlocuteur.

Recadrage – Le recadrage est une forme particulière de paraphrase : il consiste à reformuler une déclaration négative ou conflictuelle en des termes plus neutres ou constructifs. Cette approche contribue à apaiser les tensions et à orienter le dialogue vers la recherche de solutions.. Par exemple, au lieu de dire « Tu ne m’écoutes jamais », le médiateur peut aider à reformuler cette déclaration en disant « Il semble que nous ayons du mal à nous comprendre ».

Écoute active – L’écoute active est une technique qui implique pour le médiateur ou l’une des parties de se concentrer pleinement sur les propos de son interlocuteur, sans interruption. Elle passe notamment par le contact visuel, des signes d’acquiescement (comme hocher la tête), ou des formules telles que « Je comprends » ou « Continuez ».. La technique du miroir peut également être utilisée dans ce contexte. Reproduire la posture de l’orateur (sans exagérer) permet de créer un sentiment de connexion. Il s’agit d’un phénomène qui se manifeste souvent de manière inconsciente lors d’interactions sociales, mais qui peut aussi être appliqué délibérément pour obtenir le même effet dans le cadre de conversations plus difficiles. L’écoute active contribue à créer un environnement sûr et respectueux où toutes les parties se sentent libres de partager leurs pensées et leurs sentiments. Elle favorise la compréhension mutuelle et permet d’identifier les intérêts et les préoccupations sous-jacents des parties.

Caucus — Lors d’un caucus, le médiateur s’entretient séparément avec chaque partie, en présence ou non de son conseil. Le contenu de ces échanges reste confidentiel, sauf si la partie concernée autorise expressément la communication de certains éléments aux autres parties.. Cette technique peut être utilisée lorsqu’une partie hésite à parler ouvertement ou à partager certaines informations confidentielles lors d’une séance de médiation plénière. Les informations obtenues lors d’un caucus peuvent aider le médiateur à mieux conduire la médiation et à prévenir ou résoudre les blocages. Certains courants sont très favorables au caucus, tandis que d’autres mettent davantage l’accent sur la séance plénière et le débat en son sein.

BATNA – Il s’agit de l’acronyme de « Best Alternative to a Negotiated Agreement » (lisez : la meilleure alternative à un accord négocié). Lors de la médiation, il est important que chaque partie identifie sa meilleure alternative si aucun accord n’est trouvé. Il s’agit de solutions qui sont entièrement entre les mains de la partie et qui ne nécessitent aucune coopération de l’autre partie. Cette alternative servira ensuite de référentiel pour la proposition de l’autre partie et l’accord qui sera finalement mis sur la table. Réfléchir à leur BATNA permet aux parties de se détacher de leur position sur le litige (par exemple, « la partie X doit faire ceci ou cela ») et de rechercher des solutions en tenant compte de leurs intérêts (par exemple, « si la partie X ne veut pas faire cela, quelles sont les autres options »). Le recours au BATNA présente également l’avantage de faire un bilan de la situation, par exemple : poursuivre le conflit est-il toujours aussi intéressant et bénéfique ou y a-t-il des risques à vouloir continuer ?

Conclusion – La mise en œuvre de ces techniques peut accroître de manière significative l’efficacité d’une médiation. Les médiateurs et les parties peuvent ainsi contribuer à une communication ouverte, surmonter les préjugés et trouver des solutions acceptables pour tous.

Dans notre prochain bulletin d’information de cette série, nous aborderons plus en détail la clôture d’une médiation (réussie).

Pour toute question concernant cette thématique, n’hésitez pas à contacter notre cellule Médiation ou l’un de nos avocats.

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